Elle.

juillet 16th, 2015 — 10:25

Elle était si légère par rapport à sa taille. Elle était grande et pourtant ne pesait presque rien.

Elle était très maigre. Beaucoup trop maigre. Presque sur le point de se briser.

Elle avait la peau étonnement douce.

Elle était fragile. De tout son corps.

Elle était dans mes bras. Je pouvais la porter sans difficulté. C’est pour ça que je sentais sa peau douce. Elle était recroquevillée tout contre moi.

Elle ne parlait pas.

Elle me regardait, simplement.

Elle avait besoin d’être protégée.

Plus que son aspect physique, c’est sa vulnérabilité qui m’a surprise. Quelque chose ne collait pas. Les rôles étaient inversés, c’était moi qui prenait soin d’elle alors que ça avait toujours été elle qui avait pris soin de moi. Depuis ma naissance.

Pour la première fois depuis plusieurs semaines, j’ai dormi d’une traite cette nuit.

Pour la première fois depuis longtemps, j’ai rêvé de ma maman cette nuit.

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Je suis cette petite main.

janvier 22nd, 2015 — 2:35

Il y a 9 ans je suis entrée dans La Boite.

Premier job. Mon poste n’était pas ce que j’avais imaginé faire quand j’étais petite. J’étais alors assistante du Big Boss. J’ai appris à faire l’assistante. Servir des café, tenir un agenda, faire la liaison entre mon patron et le reste de La Boite. Mais un travail devient aussi celui qu’on veut en faire. J’ai appris à faire mon trou. A participer aux conférences de rédaction, à être attentive aux demandes des réalisateurs, à me nourrir de ce vivier de gens créatifs. J’ai appris à me poser des questions sur les sujets qu’on traitait. J’ai appris à comprendre les dessous d’un réseau. J’ai appris à me faire un réseau.

Et puis j’ai eu l’opportunité d’évoluer dans La Boite. J’ai appris aux gens à me faire confiance pour des tâches plus complexes. J’ai été intégrée dans des projets.

Et puis il y a eu ce film. Cela faisait à peine un an que j’étais là. Charlie Hebdo. Le procès. Mon patron a compris que se jouait quelque chose d’important. Branle-bas de combat. On filme. On filme ce procès. Des caricatures. Un journal. Un procès. De la débrouille. Faire avec les moyens du bords. Un peu seuls. Motiver des équipes. Reconstituer une histoire s’étant jouée au coeur d’un tribunal, loin des caméras. Donner aux gens l’opportunité de voir ce qu’il s’était passé à la barre.

Au début, je crois que je n’avais pas mesuré l’importance de ce qu’il se tramait pendant ces quelques jours de procès devant la 17e chambre du tribunal de grande instance. Je n’étais qu’une petite main. Une petite main dans une affaire qui me dépassait, que je ne comprenais pas complètement. J’ai passé des journées et des nuits à transcrire des interview de personnalités connues et inconnues. Cabu, Szpiner, Val, Malka, Sifaoui, Badinter, Hollande…

On en a bavé à monter ce film.

Et tout s’est mis en place petit à petit. J’ai assisté à un procès en différé. J’ai assisté à des témoignages et des plaidoiries brillantes. J’ai appris. J’ai compris.

Et puis il y a eu Cannes. Une sélection dans ce festival si magique. Les marches, la projection.

Encore une petite main au milieu de ce grand bal. Mais je comprenais alors l’importance de ce projet.

Ce soir, j’ai revu ce film. Cela devait bien faire 7 ans que je ne l’avais pas vu. Mais je connaissais encore certaines phrases par coeur.

Ce soir j’ai revu Le Big Boss. L’instigateur. Je l’ai vu ému. Je ne l’avais jamais vu pleurer. Parce que c’était ses amis. Parce qu’il s’est battu il y a 8 ans, un peu seul, pour garder une trace de ce qu’il s’était passé pendant ces quelques jours de procès.

Je les ai revu eux, ces gens brillants, assassinés pour avoir voulu rire de cette situation grossière sous prétexte qu’un dessin était interdit.

Il y a 8 ans j’étais une petite main au milieu de tout ça. Et je me suis nourrie de cette expérience, pas seulement autour de ce film mais pendant les 6 années qui ont suivi.

Ce soir j’ai retrouvé des gens qui m’ont fait grandir. J’ai retrouvé une famille.

Et j’ai rarement été aussi f!ère d’être cette petite main au milieu de ce grand film.

Allez le voir. Vous en sortirez grandis.

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Mais.

novembre 30th, 2014 — 5:16

- bonjour, je vous appelle parce que j’ai des problèmes avec ma connexion internet

- d’accord, je vois qu’un ticket d’incident a été ouvert

- oui, c’est le 4e en 6 mois, ça devient rigolo. Du coup, vu que je n’ai plus internet, je voudrais utiliser free wifi mais je n’ai pas mes identifiants, est-ce que vous pouvez me les envoyer ?

- non c’est une information confidentielle, nous ne pouvons pas vous les faire parvenir

- mais. Ce sont mes identifiants, j’en ai besoin.

- vous pouvez en générer de nouveaux en vous connectant sur votre espace freebox

- …

- …

- mais monsieur, vu que je n’ai pas internet, je ne peux pas me connecter. C’est bien pour ça que j’ai besoin d’identifiants freewifi

- je ne peux rien faire pour vous madame

- mais.

Dans ce cas, est-ce que vous pouvez me donner d’autres identifiants, juste pour que je puisse me connecter 5 minutes ?

- non, c’est impossible, nous n’en avons pas

- ok, vous êtes chez Free et vous n’en avez pas ?

- non

- mais vous ne voulez pas juste me donner les vôtres à la limite, le temps que je me connecte ? Je vous jure que je ne m’en servirai pas après

- je n’en ai pas, je ne suis pas abonné free

- mais.

Vous voulez dire que vous êtes chez free et vous n’êtes pas abonné ?

- oui, c’est parce que nous sommes au Maroc, il n’y a pas free

- mais.

-…

- bon bah tant pis alors

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La nuit, change de trottoir

février 4th, 2014 — 8:26

Tout a commencé par cette phrase d’une féministe. Pour la remettre dans son contexte, cette phrase était tirée d’un texte écrit à l’intention des hommes et énumérait notamment certains conseils. Voici la phrase en question:

« 3. dans la rue la nuit si une femme est seule, je la depasse vite en me mettant sur le trottoir d’en face pour montrer que tout est safe »

Et là, boum, explosions de réactions, d’hommes comme de femmes d’ailleurs, qui s’énervaient sur le fait qu’on stigmatise toujours les hommes en agresseurs et les femmes en victimes.

Et au milieu de ces tweets, ceux d’hommes que je considère comme mes amis.

Alors plutôt que d’essayer d’expliquer mon opinion en 140 caractères, je me suis dit qu’il était temps de dépoussiérer ce blog et d’y donner un peu mon avis. Alors cher ami homme qui a mal pris ce conseil, voilà ce que je voulais te dire :

Non ce conseil ne nie en aucun cas le fait qu’un homme puisse aussi se sentir en danger.

Non, ce conseil ne signifie pas que tous les hommes sont tous des agresseurs.

C’est juste un conseil pour toute personne qui veut bien faire et qui sait que dans notre société, les simples pas d’un inconnu derrière soi peuvent être terrifiants. C’est triste mais pour le moment c’est comme ça, et j’espère pouvoir un jour élever mes enfants dans une autre atmosphère.

Oui, tu peux avoir peur en tant que garçon et si je marche derrière toi, je changerai de trottoir parce que je n’aime pas être à l’origine d’une peur.

Mais en tant que fille, tu as peur systématiquement.

Je n’ai jamais été agressée, j’ai vécu à la campagne au milieu des vaches la moitié de ma vie et pourtant, en tant que fille, aussi bien par le biais de l’éducation de mes parents, que par le biais de l’école, de la télé ou de ma vie sociale, on m’a toujours fait comprendre que je vivais dans un monde où je pouvais me faire agresser. Qu’il fallait que je fasse attention à l’heure à laquelle je rentrais, aux rues que j’allais emprunter et même aux vêtements que j’allais mettre.

Et je n’y coupe pas, à chaque fois que je rentre seule la nuit, dans un coin de mon cerveau, j’imagine toutes les agressions auxquelles je pourrais faire face et comment y remédier.

J’ai souvent mes clés entre les doigts, parce qu’on m’a dit que ça pouvait faire pas mal de dégâts. Ou alors mon téléphone allumé, prête à appeler mes amis ou la police. Je ne mets jamais d’écouteurs pour toujours pouvoir entendre si je suis suivie. Et je considère chaque personne que je croise comme mon possible agresseur.

Ca peut te paraitre un cauchemar. Mais pour moi c’est normal. A tel point que je pensais que tout le monde réagissait comme moi, femmes et hommes confondus.

Quand j’ai vu le tollé suite à ce tweet, j’ai compris que ça n’était pas aussi évident pour tout le monde.

Changer de trottoir, c’est prendre en compte la peur des femmes (et des hommes) dans une société où tout n’est pas rose, et rassurer la personne devant toi. Changer de trottoir ça veut dire que tu comprends ce que peut vivre l’autre, et que tu as de l’empathie pour lui. Et surtout changer de trottoir ça ne demande pas beaucoup d’effort face au soulagement que ça va engendrer.

Cher ami homme, ce conseil n’était pas une agression envers les hommes. Et ne crois pas que les féministes soient systématiquement des femmes qui veulent couper les couilles des hommes et les rabaisser. Je suis féministe et si tu ne le sais pas encore, tu l’es aussi. Parce que tu veux un monde où les hommes et les femmes sont égaux. C’est aussi simple que ça.

Mais c’est dur de se comprendre parfois. Je ne sais pas ce que c’est que d’être un homme. Tout comme je ne sais pas ce que c’est que d’être noir dans un société où l’homme blanc domine. Le moyen le plus simple d’avancer vers cette société qu’on veut tout les deux, c’est de se mettre à la place des autres. De lire, d’écouter, d’être attentif à l’autre, de se remettre en question.

Je pense que tout est une histoire de contextualisation. Dans une société parfaite, ce genre de conseil n’existerait même pas. Mais nous ne sommes pas encore dans une société parfaite et le nier, c’est aussi ne pas respecter ce que vivent les femmes. Et dans ce cas, je peux aussi prendre ces réactions sur twitter comme une agression.

Alors voilà mon ami homme, je te propose que la nuit, on change tous les deux de trottoir, c’est un peu le début de l’égalité en attendant le jour où on n’aura plus peur des pas derrière nous.

Et pour illustrer un peu ça, regarde donc ce chouette court-métrage

Image de prévisualisation YouTube

et écoute ce podcast (la partie 5 publiée vendredi prochain parle de ça)

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Rendez-vous utiles les mecs.

janvier 15th, 2013 — 12:03

Je suis fondamentalement de gauche. Parce qu’il y a certaines grandes questions sociétales qu’il me parait évident de défendre. Et l’homosexualité en fait partie.

Mais j’ai aussi une soeur homosexuelle. C’est ma grande soeur. Elle est en couple depuis trèèèès longtemps (ça remonte à mes années collèges, il y a donc 1 siècle), pacsée, elle a 3 enfants et son modèle familial est certainement le plus stable de notre fratrie.

Ce qui fait que toutes les questions liées à l’homosexualité, je les ai vécues de l’intérieur. Entre le rejet de certains membres de la famille, les galères quand elles ont eu envie d’avoir des enfants, les discussions un peu bizarres sur leurs rendez-vous chez le notaire pour déposer leur testament, les questions de leurs enfants devenus assez grands pour poser des colles aux adultes. Mais au final, j’ai principalement vécu des situations familiales banales. Parce que oui, à force, tout ça s’est très banalisé. Et surtout, j’ai vu le regard des gens changer, comme celui de ma grand-mère (on peut le dire, un peu vieille France) qui aujourd’hui s’en bat un peu les cacahuètes d’avoir une petite fille homosexuelle. Tant qu’elle peut voir ses arrière-petits enfants, elle est contente.

Mais ça m’a aussi appris que ça n’est pas facile pour tout le monde, et ça ne fait pas de ces gens des gros réacs débiles. C’est juste que ça chamboule un peu. Et que ça peut parfois prendre du temps d’accepter quelque chose qu’on ne connait pas.

Alors ces derniers jours, bien-sûr que j’ai crié mon énervement contre ces gens venus manifester dimanche contre le mariage homo, bien sûr que j’ai été dépitée par la bêtise de leurs arguments, mais je savais aussi que raconter ça sur twitter ne ferait pas avancer les choses, ni aller les confronter dans la rue non plus.

Je suis la première à me braquer dans un débat quand la personne d’en face n’est pas du même avis que moi, et quand je vois les discussions sans fin que peut susciter un simple film, je me dis qu’on n’est pas sorti de l’auberge quand ça concerne la sexualité.

Par contre, je crois encore au pouvoir de la télé. Parce que la télé, c’est encore ce qui peut réunir le plus de gens différents en même temps devant un programme, sans qu’ils aient à se parler, et ça, ça peut faire des miracles. Et parce que la télé nous rend passif face à l’information. Les gens qui se posent des questions sur le mariage homosexuel et qui font la démarche d’aller lire des articles, des livres ou regarder des émissions spécialisées, je vous fais confiance pour vous forger votre propre opinion, qu’elle soit bonne ou mauvaise, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Par contre, j’aimerais que cette information soit amenée aux autres, ces téléspectateurs passifs, qui n’ont peut-être ni l’envie, ni les moyens d’en savoir un peu plus.

D’où mon interrogation sur les programmes télés du moment : chers programmateurs, c’est là, maintenant, que vous pouvez vous révéler d’intérêt public. Que faites-vous ? Parce que travailler pour France Télévision et Radio France, ça veut aussi dire ça. C’est du service public. Et pour moi, le rôle de ce service, c’est d’amener une information nouvelle, c’est de dire : regardez, nous avons sélectionné ce programme parce que nous avons estimé qu’il pourrait vous apporter de l’information intelligente.

J’ai travaillé ces 7 dernières années dans le milieu du documentaire. Je sais qu’il existe des films sur l’homoparentalité notamment, des films dans lesquels les auteurs n’ont pas prétendu amener une vérité, mais qui ont fait un vrai travail de documentariste en montrant juste une réalité. En laissant parler des gens directement concerné par l’homosexualité et l’homoparentalité. Ils ont montré qu’il y a de bonnes expériences comme de mauvaises. Mais le principal, c’est qu’il ont montré des gens comme vous et moi, qui somme toute sont assez normaux.

Alors voilà. J’aimerais vraiment voir plus souvent des programmations un peu plus audacieuses sur nos chaînes publiques surtout quand certains sujets sont particulièrement d’actualité.

C’est mon appel personnel aux diffuseurs : rendez-vous utiles les mecs.

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Nombriliste

juillet 27th, 2012 — 5:33

« Tu peux faire ce que tu veux avec tes cheveux, mais pour le reste de ton corps, il va falloir notre permission ».

Voilà ce que m’ont annoncé mes parents quand je leur ai parlé de mon projet de me faire tatouer Korn sur l’avant bras à 15 ans. Bénis soient-ils.

A l’époque je leur en ai un peu voulu d’entraver ma liberté d’adolescente en fleur, parce que je voyais bien qu’ils ne me comprenaient pas, que le monde entier d’ailleurs était contre moi. De toute façon je savais que j’allais un jour faire ce que je voulais de ma vie et devenir journaliste chez RockSound.

J’ai claqué la porte de ma chambre très fort certainement, j’ai dû aussi fumer une cigarette en cachette à ma fenêtre en ayant le coeur qui battait très fort à l’idée qu’ils puissent sentir quelque chose, tout en écoutant très fort Life is Peachy.

C’est à cette époque que je me suis coupé les cheveux courts et que je suis devenue blonde platine, pour ensuite changer de couleur de cheveux tous les mois avec des teintures achetées au marché d’une qualité quelque peu douteuse. Je me suis transformée en Nyan Cat avant l’heure en somme.

Avec du recul, je me dis que ma famille a dû sacrément rigoler de mes expérimentations capillaires. (Mal)heureusement c’était encore l’époque de l’argentique et il semblerait qu’ils n’aient pas eu envie de gâcher de la pellicule pour immortaliser cette époque. Moi je m’en fichais, je me sentais la reine du monde.

Mais l’idée de marquer mon corps me titillait de plus en plus et j’ai refait une tentative auprès de mes parents pour un piercing au nombril cette fois-ci. Comparé au tatouage de Korn, si j’avais été un parent, je crois que j’aurais dit oui par soulagement. Bah non, pas eux.

J’ai finalement sauté le pas la semaine de mes 18 ans je crois, histoire de leur faire un pied de nez « je suis majeure maintenant, je fais ce que je veux ». Pas de bol, mon piercing s’est infecté le week-end de mon retour à la maison (j’étais à la fac dans la ville d’à côté) et mes parents étant médecins, c’est vers eux que je me suis tournée pour qu’ils me réparent ce truc étranger dans mon nombril. Là pour le coup, il y a une photo témoin de moi souffrant le martyr (oui je suis douillette) et de ma mère rigolant pendant qu’elle me désinfectait tout ça. La honte. La rebelle en carton.

Après quelques jours, tout est rentré dans l’ordre et je me sentais à nouveau la reine du monde avec ce bout de métal dans le ventre. C’est beau la naïveté.

Ça tombait bien, c’était l’époque des T-shirts courts (pourquoi, mais pourquoi ?) et vu que je frôlais les 1m80, les t-shirts taille 36 étaient de toute façon un poil courts.

L’étape logique suivante aurait été enfin de passer au tatouage mais je n’ai jamais sauté le pas. Je n’écoutais plus trop Korn. Et je m’étais rendue compte que se tatouer le nom de son groupe préféré (qui est donc une variable dépendant de l’âge) était peut être un peu bêta. Surtout que j’ai un jour acheté l’album de G-squad, imaginez un peu le massacre.

J’ai donc porté fièrement mon petit piercing pendant 12 ans et des brouettes. Et pas plus tard qu’il y a quelques jours, je l’ai enlevé. Paf. Plus de piercing.

Ca fait bizarre.

Je me suis sentie toute nue.

Et aussi comme toute neuve. C’est un peu comme si j’étais passée à autre chose, qu’il avait fait son temps et que mon nombril voulait à nouveau respirer un peu. D’ailleurs on dirait maintenant un petit personnage qui ouvre très grand la bouche avec la cicatrice.

Je ne dis pas forcément que j’aurais regretté mon tatouage Korn.

Mais au fond, ma rebelle attitude ne m’a pas vraiment quittée puisque n’être ni percée ni tatouée à 30 ans, c’est quand même de plus en plus rare.

Par contre je ne suis jamais devenue journaliste chez RockSound et je fume encore bêtement.

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Il était temps.

juin 9th, 2012 — 1:02

Je baigne dans un groupe d’amis dont 75% ont des appareils photos un peu élaborés. Dans ce tas, il y a aussi des photographes professionnels et un petit groupe de grands passionnés qui ont créé il y a quelques années une sorte de facebook de la photo pour tout les gens qui s’y intéressent de près ou de loin, qu’ils aient juste un iphone ou un matos de paparazzi à 5000€ (allez-y c’est vraiment un site bien foutu)

Et ça fait aussi quelques années qu’ils organisent des cours et des sorties photo qui se transforment le plus souvent en apéros géants.

Je suis très régulièrement allée à ces apéros géants. J’ai même participé à un week-end entier dédié à la photo dans les gorges du Verdon.

Sans jamais prendre une photo. Je suis d’une logique implacable. Je m’épate moi même.

Quand j’ai découvert que le site en question distribuait des badges et que les 2 seuls que je possédais étaient ceux de l’ancienneté et des apéros, j’ai un peu tiqué.

Du coup, après des années, j’ai enfin assisté à un cours pour débutant, j’ai reçu comme cadeau de départ de mon ancien boulot un très chouette appareil photo, et je me suis lancée.
Forcément, je tatonne et mon seul sujet pour l’instant est mon chat Paupiette.
Voici en exclusivité mes premiers essais, accrochez-vous c’est du lourd.

Paupiette contrejour

Paupiette floue

Paupiette trop près

Cadrage

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Ma malédiction de l’administration

juin 8th, 2012 — 6:18

Je redoute un peu tout ce qui va m’amener à être en contact avec l’administration, publique ou privée hein, à ce stade je ne les différencie plus.
Or j’ai une très bonne amie qui travaille dans un organisme d’état et qui râle toujours un peu quand je lance des généralités sur mes mésaventures avec l’administration parce qu’elle a l’impression que je parle d’elle, alors que dans ma haine de ces gens, j’arrive à bien faire la différence entre ceux qui bossent bien et ceux qui ont l’air de détester les autres être humains alors qu’ils sont sensés gérer des services qui me sont destinés, moi autre être humain.

C’est un des grands mystères du monde du travail que je n’ai pas encore réussi à percer: ces personnes qui travaillent dans une entreprise de services et qui détestent être en contact avec les clients. C’est un peu comme si un végétarien décidait de lui même d’aller travailler dans un abattoir. Pour moi ça n’a pas de sens et ça doit certainement les rendre tristes, et accessoirement me donner des envie de meurtre quand je les côtoie.

A partir de là, deux situations se dessinent (si j’étais douée je ferai un schéma mais grosse flemme):

Le service où je suis libre
Exemple (parce que je sens que vous ne comprenez pas trop trop): les boutiques de fringues très chères du Marais (type Maje, Sandro, etc) où les vendeuses ne vous aiment pas. C’est comme ça, il faut l’accepter, en entrant dans leur boutique, vous les dérangez.

Pourquoi ça ne me gêne pas plus que ça? Parce que je n’y vais plus. La liberté de faire ce que je veux, tout ça tout ça et en plus j’ai toujours eu du mal à acheter un t-shirt blanc en coton à 75€.

Le service où je suis coincée AKA l’administration
Ca regroupe donc tous les services par lesquels je suis obligée de passer et donc ceux où les gens qui y travaillent savent qu’ils ont tout pouvoir. Ajouté à ça qu’ils détestent par nature être en contact avec leurs congénères, ça fait un mix qui fait mal ou plus communément appelé le « je vais être le plus désagréable possible ».

Depuis 2 jours j’ai dû faire appel à ces gens. Et depuis 2 jours j’ai le dos coincé. Honnêtement, je ne pense pas que ça soit une coïncidence.

Hier, les impôts. Que j’ai mis 2 jours à joindre, c’était rigolo. Et je suis tombée sur une dame qui au bout de 2mn de conversation, m’a répété en boucle « je ne peux pas vous donner cette information » alors que je lui posais une question différente à chaque fois, c’était surréaliste. J’ai raccroché après l’avoir remerciée mille fois pour sa précieuse aide, je ne suis pas sûre qu’elle ait compris la subtile ironie. De toute façon il était 16h, c’était la fin de sa journée.

Ce matin j’ai testé le commissariat, pas au téléphone mais en chair et en os, pour aller faire ma procuration.

Oui je sais, on est le 8 juin, le vote a lieu le 10, je suis complètement à la bourre mais j’étais prête à me flageller avec des orties devant le commissariat si le monsieur me disputait. Avant de partir de chez moi, je vérifie quand même la marche à suivre et bêtement, je me dis que c’est un service national, que c’est fait pour aider les citoyens à faire le devoir donc en gros, j’imagine que ça va être super simple.

J’arrive donc au commissariat de l’arrondissement dans lequel je suis inscrite pour voter, LOGIQUEMENT, et toute pimpante je dis au monsieur de l’accueil que je viens pour une procuration. Aimable comme une porte de prison (aha), il me demande où j’habite et là, j’ai la bêtise de donner ma vraie adresse, qui n’est plus dans le même arrondissement (oui j’ai aussi oublié de déclarer mon changement d’adresse, ahem). Et là, sans me regarder, il me dit que je ne peux pas faire ma procuration ici.

Je tique un peu, lui explique que ça risque d’être tendu de retourner au commissariat de l’arrondissement en question parce qu’il est loin, que je suis en vélib, qu’il pleut des cordes alors qu’on est un 8 juin et que j’ai un rendez-vous de l’autre côté de Paris dans 10mn. On est d’accord qu’aucun de ces motifs n’étaient valables, j’avoue. Surtout, j’insiste en lui expliquant que j’ai vraiment envie de pouvoir voter. Et là il me répond « oui, comme tout le monde ».

Je ressors très énervée à l’idée de ne pas pouvoir voter. Je réfléchis 5 mn. J’y retourne.

Là il me regarde et me demande ce que je veux, comme si j’étais une parfaite inconnue (ça fait plaisir, je ne marque donc pas les gens) et je lui demande si je peux indiquer mon ancienne adresse de résidence, dans le bon arrondissement donc. Et paf, il me dit oui.

2 conclusions à cette folle aventure:

- il a accepté sciemment que j’enfreigne la loi
- cette solution était donc possible depuis le début et pas une seule fois il s’est dit que ça pourrait arranger nos affaires à tous les deux

Il y a aussi eu cette fois où je suis allée au pôle emploi. Cette fois où j’ai voulu récupérer un colis à la poste. Cette fois où j’ai voulu résilier mon abonnement free.

Mais il existe aussi une légende urbaine sur des gens travaillant à l’administration qui seraient gentils et intelligents, peut-être qu’un jour ça va m’arriver, je croise fort les doigts.

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La théorie des petits yeux

mars 21st, 2012 — 6:09

Bon trêve de plaisanterie, finis les vieux pervers du métro, il est temps d’aborder un sujet qui me touche et j’aimerais que tous les publicitaires du monde prennent 5 mn de leur temps pour m’écouter écrire.

Je ne suis pas là pour vous enseigner les bases du métier mais je pense que c’est le moment de soulever un point essentiel dans la création d’une pub:

S’IL Y A UN MÉCHANT DANS VOTRE PUB, ÉVITEZ DE LE RENDRE MIGNON, ÇA FOUT EN L’AIR LA MORALE DE L’HISTOIRE

Et accessoirement, ça me donne un peu les larmes aux yeux parce que je suis particulièrement sensible aux petits trucs mignons le tout étant démultiplié si

1) le petit truc mignon est un objet inanimé à la base

2) le petit truc mignon a des petits yeux

Exemple simple:

Exemple patate

A côté de ça, un bébé panda roux qui joue dans la neige n’aura absolument aucune chance de m’émouvoir.

Il se trouve donc que parfois, les publicitaires aiment bien personnifier le mal, pour faire en sorte qu’on comprenne bien l’intérêt du produit.

# Règle n°1 = si vous voulez personnifier votre méchant, faites que ça soit utile et pas ultra moche

Exemple flagrant, cette magnifique pub à côté de laquelle vous n’avez pas pu passer:

C’est bien évidemment mon avis mais il me semble que juste la photo de l’ongle jaune aurait suffit. Mais le sous texte de ce petit personnage et de sa boite aux lettres, c’est que le champignon s’installe durablement, assez en tout cas pour faire rediriger son courrier sous votre orteil. C’est fin et efficace.

# Règle n°2: ok vous vous accrochez avec votre petit perso, mais faites en sorte qu’on ne s’y attache pas

Alors là, c’est le plantage total. C’est comme si on vous vendait un produit pour tuer des bébés chats. Quel publicitaire peut décemment penser que les gens se jetteraient sur ce produit? Hein, hein, qui?

Il semble qu’il y en ait plusieurs en fait, ça dépasse mon entendement, je veux un droit de réponse ou l’enregistrement du brainstorming initial.

LA PREUVE EN IMAGE QUE ÇA NE MARCHE PAS DU TOUT

Qui ne peut pas être touché par ce petit donut cruellement écrasé à cause de ce mec stupide qui préfère mâcher du chewing gum? Qui n’a pas de la compassion pour ces jolies centrales qu’on détruit lâchement alors qu’elles prenaient le thé (MAIS POURQUOI DES CENTRALES PRENDRAIT LE THÉ ET PORTERAIENT SI BIEN LA MOUSTACHE?

Tout ça me dépasse.

A tel point qu’ont été créés des groupes de soutiens aux produits diabolisés. Vous pouvez donc venir en aide à l’oignon mignon, à la banane sympa et au donut badass. Quand on en arrive là, je crois sérieusement qu’on peut dire que les publicitaires sont passés à côté de leur produit.

ARRÊTEZ DE METTRE DES PETITS YEUX SUR LES OBJETS ET TOUT IRA MIEUX

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Je l’ai vue

mars 19th, 2012 — 10:18

Je l’ai vue la perversion.
Elle était là devant moi. 1m70, dans les 70kg, brune aux yeux marrons, de sexe masculin.
Dans un de ces métros bondés du soir, où les gens savent que c’est le dernier mauvais moment à passer avant d’aller s’allonger dans le canapé devant la télé. Un de ces métros où les gens ressemblent à des zombies, où tout le monde s’observe caché dans sa bulle d’anonymat.
Ce soir j’étais au milieu de ces gens, le même regard vide, la même envie de rentrer vite chez moi.
Et je l’ai vu. J’ai observé la perversion pendant une dizaine de stations.
Il tenait la barre du métro. Elle aussi. Il a doucement glissé sa main jusqu’à entrer en contact avec la sienne. Ça arrive. Elle n’a pas réagi tout de suite. Mais la main s’éternisait. Le contact de la peau d’un inconnu est devenu suffisamment gênant pour qu’elle retire sa main. Le petit jeu a duré plusieurs minutes. J’étais coincé derrière, à observer cet homme qui était parfaitement conscient de son geste. Et il la regardait elle, il la regardait être de plus en plus gênée par ce contact forcé. et il avait l’air de s’en délecter. Je sentais monter en elle ce malaise de ne rien pouvoir faire, de ne rien oser faire. Elle s’est tournée vers moi, je me suis décalée pour qu’elle puisse s’accrocher ailleurs. Il continuait à la regarder. Sans gêne. A jouer avec son malaise, a trouver chaque occasion du mouvement du métro pour se rapprocher et entrer en contact de toute les manières possibles.
Je le regardais. Je le fixais.
Elle est finalement arrivée à sa station, elle est partie. Il a choisi une autre proie. De manière subtile encore une fois, il a effleuré les cheveux d’une autre, s’est collé à une troisième.
Je le fixais. Et le malaise était de plus en plus fort. J’avais envie de lui hurler d’arrêter, de lui écraser les phalanges contre cette barre. De l’empêcher par tous les moyens d’avoir cette emprise invisible sur ces femmes.
Je n’ai rien fait.
Il a été poussé vers moi, a placé sa main juste à côté de la mienne, j’ai eu un mouvement de recul automatique, tout en continuant de le fixer. Il a éclaté de rire. Et s’est lui même mis à me dévisager.
C’était lui le pervers et moi qui me sentait mal à l’aise à cause de ce rire et de cette attention subite.
Il a essayé de glisser sa main vers la mienne. Je lui ai donné un coup de sac. Le métro s’est arrêté. Je suis sortie. Tremblante.
Je l’ai vue la perversion ordinaire.
Et je n’ai rien su faire.

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